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Pourquoi Hollande repousse-t-il sa visite en Suisse ?

Attendu chez nos voisins au premier semestre 2014, François Hollande reporte sèchement son voyage. Craint-il la grogne des 150 000 frontaliers français ?...

…L'ambassade de France à Berne comme le département fédéral des Affaires étrangères rivalisent de sobriété pour justifier ce report. Invité par la Suisse au premier semestre 2014, François Hollande repousse ce déplacement sans qu'un motif, même diplomatique, soit invoqué. « Le président veut venir. Toutefois, aucune date n'a été fixée », répond l'ambassade tricolore à une question du Point.

« Le Conseil fédéral [gouvernement] a invité le président de la République français à venir en Suisse. Cette visite pourrait avoir lieu dans le courant de l'année 2014, mais aucune date n'a encore été arrêtée », déclare de son côté le service de presse de Didier Burkhalter, ministre des Affaires étrangères et président de la Confédération depuis le 1er janvier 2014. Pourtant, à la fin de l'année 2013, Michel Duclos, l'ambassadeur de France dans la Confédération, avait confirmé à la télévision suisse que le président français viendrait au premier semestre 2014 et que ce serait « une visite d'État ».

Sarkozy aussi boudait la Suisse

L'annonce était d'importance. Jusqu'en 2007, une tradition voulait que les chefs d'État de la France et de la Suisse se rencontrent chaque année. Mais durant son quinquennat, Nicolas Sarkozy a boudé ostensiblement son voisin, le mettant même à l'index en le sommant de se soumettre aux standards de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) en matière de coopération fiscale.

Il se murmurait également que Paris n'avait pas pardonné à Berne d'avoir choisi l'avion de combat suédois Gripen plutôt que le Rafale français. Depuis l'élection de François Hollande en 2012, la Suisse ne ménage pas sa peine pour renouer les liens avec son puissant voisin. En mars dernier, Pierre Moscovici, alors ministre de l'Économie et des Finances, était reçu par trois membres du gouvernement helvétique.

Payer plus pour être moins bien soigné

Alors, quels sont les sujets qui fâchent, en dehors de la coopération fiscale chaotique entre les deux voisins ? La sécurité sociale ! À partir du 1er juin prochain, les 152 000 frontaliers français devront rejoindre la couverture maladie universelle (CMU). Jusqu'à présent, ces derniers pouvaient souscrire une assurance privée, forcément meilleur marché quand le salarié est jeune et en bonne santé. Et surtout, l'assurance privée permettait de se faire soigner en France comme en Suisse.

Les frontaliers vont donc payer plus cher pour être moins bien suivis. Ils seront parfois contraints d'aller jusqu'à Lyon pour bénéficier de la même qualité de soins que dans les hôpitaux genevois. Depuis le début de l'année, les frontaliers ont manifesté à plusieurs reprises leur mécontentement. Mais uniquement du côté français de la frontière. « Nous n'avons guère de latitude pour intervenir de l'autre côté de la frontière », tempère toutefois Jean-François Besson, le secrétaire général du Groupement transfrontalier européen (35 000 adhérents).

Une manif de riches

En clair, il ne veut pas croire que ce soit le courroux des travailleurs frontaliers qui ait contraint François Hollande à reporter sa visite. À Berne, on évoque la convention sur les successions que la France tente d'imposer à la Suisse et que le Parlement helvétique refuse vigoureusement. En cas de succession, Paris veut que les héritiers soient taxés par l'État dans lequel ils vivent, et non plus par l'État où habitait le défunt. Alors que les droits de succession atteignent 40% dans l'Hexagone, ils sont pratiquement inexistants en Suisse. Une mesure qui pénaliserait les 180 000 Suisses vivant en France et les 150 000 Français habitant dans la Confédération. François Hollande redouterait-il une manif de nantis sur les bords du lac Léman ?

Auteur : Le Point.fr

Date de publication : 16/04/2014

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