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« Avoir une adresse en Suisse légitime une entreprise française »

S'implanter aussi à Genève serait un gage de respectabilité pour les entrepreneurs français qui cherchent à attirer la clientèle suisse. Mais les lourdeurs administratives font peur…

« Le Genevois est un grand bassin de vie où coule une frontière profonde » a ironisé un chef d'entreprise, présent à Archamps (Haute-Savoie) à l'invitation de la Chambre de commerce et d'industrie France Suisse (CCI) et la Chambre de commerce, d'industrie et des services de Genève (CCIG).

Les deux institutions tenaient une table ronde sur le thème de la bi-localisation des sociétés et « la nécessité cruciale » de trouver des partenariats afin de développer une activité sur le marché voisin. La CCI ne possède aucun chiffre sur le nombre de sociétés physiquement présentes de part et d'autre de la frontière mais les exemples sont, de l'avis général, plutôt rares.

Une adresse genevoise, gage de respectabilité

Quatre entrepreneurs ont cependant tenu à faire part de leur expérience plus ou moins réussie de bi-localisation. Dont Didier Villière, un imprimeur haut-savoyard à la fois implanté à Beaumont (société Villi R) et à Carouge (société Colorset). Il a créé son entreprise en 1984 qui aujourd'hui emploie 35 salariés, a investi dans des équipements modernes comme des rotatives numériques et s'est spécialisé dans l'impression grand format. « On se bat pour aller chercher de nouveaux clients, élargir le plus possible l'offre en nous tournant vers le digital » confie-t-il. Mais cela ne suffit plus. « Pour pérenniser la clientèle, il faut s'implanter en Suisse » affirme-t-il.

Un marché attractif parce que les Genevois sont en quête d'artisans qui savent se rendre vite disponibles et proposent des coûts moins élevés. Didier Villière a mis trois années pour racheter une société suisse. Les tracas administratifs tant du côté français que suisse et la complexité du droit fiscal expliquent pourquoi il lui a été si long d'ouvrir, il y a six mois de cela, sa SA. Il salarie désormais deux personnes, des frontaliers, à Carouge, qui sont chargés de petits travaux comme la fabrication de cartes de visite et d'enveloppes. Au niveau douanes, pas de souci, l'entreprise a obtenu le statut de transitaire et peut aisément faire passer et rapatrier des marchandises. Un administrateur suisse a été nommé, la société est de droit suisse, la comptabilité et la gestion sont autonomes.

« Avoir une adresse en Suisse légitime en quelque sorte l'entreprise française comme si tout à coup elle devenait respectable. Le client suisse est tout de suite rassuré. C'est un gage de bonne image » indiquait mardi un intervenant. D'autant que 30 000 Genevois résident désormais (plus ou moins légalement) en France voisine.

La tentation de la simple boîte à lettres

Didier Villière, très pragmatique, ajoute: « A Beaumont, à la campagne, nos clients se garent facilement, essayez de vous parquer à Genève en pleine journée. Rien que cela est un atout ». Le dirigeant fait désormais 45% de son chiffre d'affaires avec la Suisse. Mais étrangement lorsqu'il a fallu répondre à des appels d'offre de marchés publics, émanant par exemple de la ville de Genève, la société suisse de Didier Villière n'a jamais été apte à répondre par la faute de critères très élevés. « Ironie du sort, on doit répondre à ce type d'offre depuis la France » sourit l'entrepreneur. Marcel Redondo, gérant de la société Biofroid, possédait lui aussi deux sociétés de chaque côté de la frontière qu'il appelle « entités juridiques », au Petit-Lancy (Ge) et à Saint-Martin-Bellevue (Haute-Savoie).

Les soucis administratifs l'ont incité à réduire la première à une simple boîte à lettres. Ses trois techniciens interviennent sur Suisse comme sur France sans le besoin de passer par le bureau. C'est pratique. Chiffre d'affaires : 560 000 francs en Suisse, 811 000 euros en France. Lui regrette le temps de la zone franche « qui réglait tout et rendait la vie facile aux entrepreneurs qu'ils soient suisses ou français ».

Auteur : Le Temps

Date de publication : 02/07/2016

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