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Travailler en Suisse : quatre idées reçues qui vont vous faire changer d'avis

De très nombreux Français attirés par la douceur de vivre et les hauts salaires s'expatrient au bord du Léman. Mais un ouvrage publié le 13 avril 2016 dénonce les embûches, souvent plus nombreuses que prévu, qui pourraient faire déchanter les candidats au départ…

Et si la Suisse était le pays idéal pour s'expatrier ? C'est visiblement ce que pensent des milliers de Français qui optent pour Genève, Lausanne ou Zurich. Régulièrement citée dans les enquêtes sur les destinations des 1,68 million de Français vivant à l'étranger, la Suisse attire surtout pour ses performances économiques.  

Première de l'étude HSBC 2015, la Confédération helvétique se distingue par ses hauts niveaux de revenus et sa belle croissance. Au 31 décembre 2014, le site du ministère des Affaires étrangères recensait 167 207 Français ayant élu domicile au pays de Calvin. Des Français venus chercher un emploi dans un pays qui ne compte que 4% de chômage et qui affiche des salaires minimums équivalents à 3 260 euros. Pourtant, le rêve suisse est à nuancer.  

Dans un ouvrage intitulé Bienvenue au paradis ! Enquête sur la vie des Français en Suisse, la journaliste indépendante Marie Maurisse dépeint une réalité moins rose que celle habituellement présentée. Et démonte au passage quelques préjugés qui collent à la peau de la Confédération. 

Idée reçue n°1 : le droit du travail est bien meilleur

Un pays qui compte moins de 4% de chômeurs a de quoi faire rêver. Avec un code du travail de « deux cents articles contre quatre mille dans le recueil français », comme l'écrit l'auteure de l'ouvrage, la Suisse peut contempler d'un air narquois les débats français autour de la réforme. Reste que pour les salariés, cette minceur du règlement a aussi des conséquences très concrètes. « Le texte officiel se limite à établir des règles très générales: la durée hebdomadaire du travail est fixée à 42 heures avec un maximum de 50 heures hebdomadaires et quatre semaines de congés payés par an. Certains accords de branche améliorent des seuils nationaux, mais dans l'ensemble, le droit du travail est minimaliste », décrit le livre. En témoigne le congé maternité. Il est « l'un des derniers à avoir été instauré en Europe, en 2005 », avance le livre. Et les futures mamans « sont censée travailler jusqu'à la naissance ».  

Autre exemple cité un peu plus loin : les attentes implicites envers le salarié, qui « doit se donner sans compter à son entreprise, quitte à laisser ses soucis de côté quand il en a. »

L'auteure cite ainsi le cas d'un couple ayant perdu une petite fille après une longue maladie. L'épouse, employée d'un salon de coiffure, n'a pas pu obtenir de réduction du temps de travail suite au décès de son enfant comme elle le demandait. Quant à son époux, salarié d'une usine de charcuterie, il n'a obtenu de son employeur « qu'un jour et demi d'arrêt pour se remettre », et ce dernier n'a pas tenu compte de l'avis médical prescrivant du repos.  

Idée reçue n°2 : c'est la fortune assurée

« Selon un rapport du Conseil fédéral sur mes classes moyennes, les prix en Suisse sont 41,4% plus élevés que dans les pays constituant le noyau dur de l'Union européenne », écrit la journaliste. Et elle l'illustre : « Quatre tranches de jambon cuit valent 2,75 euros en France, contre l'équivalent de 6 euros en Suisse ».  

L'autre poste de dépense majeur tient dans le budget santé. « En moyenne, chaque mois, un résident suisse verse 400 francs (380 euros) à des organismes de santé privés » puisque la Suisse n'a pas de système de Sécurité sociale. Ainsi, des frais de santé simples comme une visite chez le généraliste ou un détartrage dépassent les 80 euros.  

Idée reçue n°3 : les deux pays se ressemblent beaucoup

La différence entre les deux pays ne se limite pas aux systèmes de santé. Opter pour la Suisse ne met pas à l'abri d'un le choc culturel. Si nos voisins romands partagent la même langue que nous, les pratiques et habitudes peuvent déconcerter. Notamment dans une entreprise.  

Marie Maurisse nous apprend ainsi que la mentalité suisse prône « la paix du travail ». Véritable ciment entre tous les cantons, cette mythologie va systématiquement dans le sens de l'effort collectif et de la bonne entente. Inenvisageable donc pour les syndicats de mener une grève qui risquerait de faire fermer l'entreprise.  

« Dans une entreprise, quand on est français, on a des attentes mais aussi de la défiance par rapport à la personne qui est au-dessus de nous. Par principe, on se méfie de l'autorité, témoigne David Talerman spécialiste de l'expatriation, auteur d'un blog sur la question. En Suisse, c'est différent parce que tout le monde est impliqué dans les projets. Le chef est juste perçu comme plus légitime à diriger. Et puis on te fait confiance, les relations sont plus équilibrées, on part du principe que tu ne vas pas délibérément aller contre l'intérêt de l'entreprise. »  

Idée reçue n°4 : les Français sont toujours les bienvenus

Pour ceux qui se sentent prêts à tenter l'aventure, il convient néanmoins de ne pas oublier un point essentiel dans les relations entre les deux pays : la Suisse n'attend pas particulièrement les Français. Pire, elle semble même les rejeter. Les « Frouzes », petit surnom donné aux habitants de l'Hexagone, n'ont pas très bonne réputation. En juin dernier, le magazine L'hebdo publiait un dossier au titre suivant : « Au secours mon chef est français ! ».  

Un long article dans lequel, comme le raconte le livre, la présence de ces « malotrus» dans l'entreprise y était dépeinte comme une insupportable peine. « Ils sont claniques, accordent une importance démesurée à la hiérarchie, ignorent la notion de partenariat et passent des heures à débattre juste pour le plaisir », accusait le magazine.  

Autre accusation souvent portée à l'encontre des Français : ils ont tiré les salaires vers le bas. « Une sous-enchère salariale difficile à appréhender », explique Marie Maurisse. Mais dont les exemples ne manquent pas. Des entreprises de travail temporaire qui « sous-paient les employés pour des missions en territoire suisse aux immigrés français démunis, qui ne connaissent rien au pays et qui acceptent de se faire payer bien moins que les Suisses », les Français ont parfois des allures de bouc-émissaire.  

Quand il ne s'agit pas de discrimination pure et simple. L'enquête cite ainsi l'exemple des annonces d'emploi publiées sur Internet où il est stipulé que le candidat doit « posséder un permis C, c'est-à-dire être installé en Suisse depuis au moins cinq ans. » Certes, le racisme à l'embauche n'est pas toléré dans la Confédération mais, se désole l'auteur : « Comme personne ne porte plainte, la pratique se généralise. » Les Français « grandes gueules, moins productifs et contestataires » seraient ainsi explicitement chassés des listes de candidatures à l'embauche... 

Auteur : L’Express

Date de publication : 13/04/2016

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